Syndrome de Morton

Définition du syndrome de Morton

Le syndrome de Morton (ou « Névrome de Morton ») est une pathologie d’origine mécanique de l’avant pied causée par la compression d’un nerf situé entre deux doigts de pied dans le canal Métatarsien (on parle de syndrome canalaire).

C’est l’espace entre le 3ème et le 4ème Métatarsien qui est le plus souvent touché mais celui entre le 3ème et 2ème peut l’être également.

Cette maladie se caractérise par de très fortes douleurs à l’avant pied, sous forme de spasmes qui irradient les orteils adjacents. Elles se font généralement ressentir en position debout ou à la marche. On parle d’une pathologie invalidante à cause des très fortes douleurs qu’elle procure.

Le syndrome de Morton touche le plus souvent les femmes autour d’une cinquantaine d’années.

Causes

Le syndrome de Morton peut être causé par plusieurs facteurs, tous d’origine mécanique :

  • Des chaussures trop étroites ou avec des talons hauts
  • Un pied trop large ou surdimensionné
  • Un pied creux antérieur
  • Un avant pied arrondis
  • Une insuffisance fonctionnelle du 1er rayon caractérisée par une forte rotation vers l’intérieur de l’avant pied (<=> pied valgus ou affaissement de la voûte vers l’intérieur).

Aussi, le syndrome de Morton est souvent causé par une bursite. Celle-ci est l’inflammation d’une bourse séreuse présente physiologiquement entre chaque tête métatarsienne pour les faire glisser les une contre les autres lors de la marche. C’est l’inflammation de celle-ci qui peut compresser le nerf et engendrer de fortes douleurs.

Ces symptômes étant d’origine mécanique, ils justifient l’importance de consulter un podologue pendant, ou même après, la phase douloureuse.

Symptômes du Névrome de Morton

La douleur du syndrome de Morton survient par crises de spasmes associées d’une forte douleur et d’une irradiation dans les orteils supérieurs. Elle est caractérisée comme une brûlure, une crampe ou un coup de couteau de forte intensité et se fait sentir au niveau de l’avant pied ou entre les orteils. On peut parler d’un « infarctus du pied ».

Autres symptômes possibles :

  • L’impression d’avoir un caillou dans sa chaussure
  • Des pertes de sensibilités entre les orteils concernés,
  • L’apparition d’une sorte de kyste (<=> bursite)
  • Des fourmillements dans les orteils

Pour soulager la douleur, le patient est souvent contraint de se masser le pied ou de se déchausser pour limiter la compression par la chaussure. Le Morton est en effet peu, ou pas, douloureux pied nu.

Diagnostic du syndrome de Morton

Le diagnostic de cette maladie est généralement établi après description des symptômes et/ou palpation des zones douloureuses bien connues des rhumatologues et des podologues. Bien que cela suffise généralement à diagnostiquer cette pathologie, il est possible, en cas de doutes, d’effectuer des examens complémentaires tels qu’une échographie ou un IRM.

Traitements

Pour soigner le Névrome de Morton, on distingue plusieurs types de traitements adaptés selon le patient. Certains d’entre eux peuvent être combinés comme, par exemple, les orthèses plantaires et les infiltrations (au nombre de deux maximum).

Traitements médicaux

  • Réduire la marche et la station debout,
  • Privilégier des chaussures larges, souples et sans talons pour empêcher le névrome de se comprimer
  • Massages et assouplissement de l’avant pied,
  • Traitement de la cause mécanique par un podologue avec des semelles orthopédiques pour traiter les hyper-appuis et réduire le névrome (par l’écartement des têtes métatarsiennes). A noter que plus la décharge sera importante, plus l’appui sera homogène et plus la semelles sera épaisse. Des chaussures spacieuses sont recommandées pour ne pas que la semelle comprime d’avantage le pied. Le podologue peut varier l’épaisseur de la semelle pour vous permettre de vous chausser facilement tout en conservant l’efficacité de l’orthèse plantaire ;
  • Infiltrations de corticoïdes dans l’espace inter-Métatarsien pour calmer l’inflammation,
  • Prise d’anti-inflammatoire pour soulager la douleur

Traitements chirurgicaux

Le traitement chirurgical n’est préconisé qu’en cas d’échec des traitements précédemment cités. Il consiste en l’ablation de la bursite ou du névrome. La coupure du nerf a cependant pour inconvénient d’entrainer une perte de sensibilité. Le nerf peut également repousser et causer un névrome accompagné de douleurs résiduelles.

A savoir : En attendant un réel traitement médical, le patient peut réaliser des glaçages associés à une pommade anti-inflamatoire sur la zone douloureuse. Le glaçage, réalisé de préférence le soir pendant 20 minutes, permettra de limiter l’aggravation de inflammation.

 

Les commentaires sont clos.